Profil du groupe 9

LE COLLÈGE FTQ-FONDS
Synthèse de l’autoportrait
Groupe 9 – Automne 2003

La composition du groupe
Pour sa 9e édition, le Collège FTQ-FONDS a la chance de recevoir un groupe très diversifié. Composé de 14 personnes, dont 6 sont des femmes, ce groupe est caractérisé par la grande diversité des origines ethnoculturelles (italienne, espagnole, congolais, anglo-canadienne, française, grecque). En effet, quatre personnes ne sont pas nées au Québec et deux autres sont enfants d’immigrants. La moyenne d’âge de ce groupe s’élève à 43 ans avec un écart allant de 27 à 55 ans; il s’agit d’un groupe relativement jeune où 4 participants et participantes ont 35 ans et moins. Dix personnes du groupe vivent en couple. Tous les participants et participantes de ce groupe, à l’exception d’un homme, ont des enfants. Leurs enfants sont encore assez jeunes, car huit de ces parents en ont de moins de 18 ans, dont deux enfants d’à peine 10 mois et 2 ans.

L’implication syndicale des participantes et participants est aussi très diversifiée. Neuf personnes sont employées par des syndicats comme conseillers syndicaux. Six sont au service, deux au recrutement et une à la recherche. Les cinq autres participantes et participants sont des élus dont quatre sont présidents de sections locales et une coordonnatrice du comité des femmes. Seulement un des dirigeants élus est libéré à temps plein. Bien qu’une des conseillère soit aussi présidente de son syndicat local, elle est envoyée au collège par son employeur et non à titre d’élue.

Les syndicats représentés
Les syndicats du secteur privé ont une forte présence dans ce groupe. Six des participantes et participants oeuvrent dans le secteur industriel dont trois sont du Syndicat des Métallos, deux du Syndicat du vêtement, textile et autres industrie (SVTI) et un de l’Union des employés de service (UES-800). Quatre personnes proviennent du secteur des services publics dont deux sont de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), une du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et une autre du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES – 298). Le secteur des services privés est représenté par deux personnes respectivement du SQEES – 298 nommé plus haut et du Syndicat canadien des communications de l’énergie et du papier (SCEP).Un conseiller de la Fraternité inter-provinciale des ouvriers en électricité (FIPOE) représente le secteur de la construction. Le dernier participant provient de la FTQ.

Les tâches et les responsabilités
Les tâches et les responsabilités reliées à leur travail syndical sont très diversifiées. Elles sont indiquées par ordre d’importance selon le nombre de mentions :
• Offrir des services et des conseils aux membres (12);
• Mener les diverses négociations (11);
• Présider des assemblées (9);
• Formation des membres (7);
• S’occuper des dossiers à la CSST (6);
• Plaider les dossiers griefs et arbitrage (6);
• S’occuper du recrutement de nouveaux membres (5);
• Mobilisation et coordination de campagne (2);
• Placement des membres auprès des employeurs;
• Recherche et développement des stratégies.

L’expérience syndicale des participants et participantes
Les participantes et participants de ce 9e groupe sont relativement nouveaux à leur poste. Ils cumulent en moyenne 3,7 ans d’expérience dans leur poste actuel : la moitié des personnes du groupe occupent leur poste depuis moins de 2 ans et demi, de ceux-ci quatre ont intégré leur poste en cours d’année. Seulement deux personnes sont à leur poste depuis plus de 9 ans. Par contre, quatre personnes occupaient d’autres postes au sein de leur syndicat depuis plus longtemps. Cela a pour conséquence que la moyenne d’années d’expérience à l’emploi d’un syndicat est de 6,5 ans.

Toutefois, la plupart des participantes et participants, à une exception près, ont une large expérience de militantisme syndical. En effet, 8 d’entre eux ont plus de 15 ans de militantisme à leur actif au sein de leurs organisations locales et régionales et la moyenne s’élève à 16 ans.

La formation

La scolarité
Au niveau de la formation scolaire, le groupe est fractionné en deux groupes très différents. Le premier, moins scolarisé, compte quatre personnes qui ont commencé à travailler après leur secondaire 5 et 3 qui ont complété l’école des métiers (électricien, haute couture et ferblantier). L’autre groupe comporte des gens qui ont suivi des études universitaires : deux ont un certificat en relations industrielles, quatre ont entrepris des études de baccalauréat qu’ils n’ont pas complétées (administration, droit, gestion des services de santé et philosophie), et un autre a commencé une maîtrise en science politique.

Quatre personnes ont continué leur formation en cours d’emploi. Elles se sont intéressées à l’informatique, au secourisme, à l’asepsie dans les édifices publics et aux relations industrielles.

Les formations suivies dans les syndicats
En plus de leur expérience pratique, les participantes et participants ont tous profité des formations syndicales pour développer leurs capacités. En moyenne les participantes et participants ont suivi 5,7 formations syndicales. La majorité des formations portent soit sur la santé et la sécurité du travail soit sur les rôles syndicaux reliés à l’administration de la convention collective.

Cours suivis :
• La, le délégué syndical (7)
• La santé sécurité (cours de base) (7)
• Communication orale et écrite (5)
• Équité salariale (4)
• Dossier du grief à l’arbitrage (4)
• Leadership des dirigeants et dirigeantes syndicales (4)
• Plaideur à la CSST (4)
• Délégué social (3)
• Réclamation à la CSST (3)
• Négociation (2)
• Les procédures d’assemblées (2)
• Règles preuves et procédures (2)
• Assurance emploi (2)
• Retraite (2)
• Condition féminine (2)
• Mon syndicat
• Formation dans les écoles
• Prévention du harcèlement
• Mondialisation
• Privatisation
• La dotation
• Formation au centre international (Pitsburg)

Ce groupe compte neuf personnes qui ont suivi la formation pour devenir formateur ou formatrice syndicale et sept d’entre elles ont donné des formation au cours de cette année.

La formation personnelle
Les cours ou ateliers suivis en dehors du cadre professionnel par huit des participants et participantes révèlent la diversité des loisirs et des passions qui animent les membres de ce groupe. Certains s’intéressent aux activités sportives comme le karaté, le maniement d’armes à feu, le tennis, l’équitation, l’aquaforme, l’escrime et le hockey. D’autres se sont tournés vers le plein air en prenant des cours de sécurité nautique, de carte et boussole ou de jardinage écologique. Les arts attirent aussi plusieurs participants : la danse, l’ébénisterie, la cuisine, la peinture, le tricot, le chant, l’art dramatique et la musique. Le bricolage en intéresse quelques-uns : construction, mécanique auto, montage des systèmes de son pour voitures et alarmes. Les sciences humaines et les langues sont aussi très populaires : communication, philosophie, psychologie, théologie, anglais, italien. D’autres intérêts variés ont aussi été explorés lors de diverses formations : marketing, astrologie et cours de premiers soins.

Anciens emplois des participants
Les métiers et emplois occupés par les participants actuellement ou avant d’être plongés dans la vie syndicale sont extrêmement diversifiés. Ils sont électricien, technicien, journalière, commis dans un laboratoire de biochimie, assistante de bibliothèque, conseiller politique, agente d’information, opérateur de machinerie, travailleur du vêtement pour hommes et professeur.

La majorité des membres de ce groupe (10) proviennent du secteur privé dont six dans le manufacturier, un dans la construction, trois dans les services. Les quatre représentantes du secteur public proviennent du gouvernement fédéral dans deux cas, les autres étant respectivement du milieu hospitalier et d’une université.

Presque tous ceux qui nous ont donné l’information proviennent de grosses entreprises : cinq étaient employés par une entreprise de 100 à 499 travailleurs et quatre par des compagnies de plus de 500 employés. Cinq personnes n’ont pas répondu à la question.

Habiletés de communication et technologiques

Les langues
Bien que la fréquence de la pratique diffère au sein du groupe, tous semblent être d’assez habiles communicateurs. Pour ce qui touche l’expression devant un groupe, trois personnes le font tous les jours, cinq quelques fois par semaine et les six autres quelques fois par année. Bien que la majorité n’ait pas beaucoup l’occasion de parler en public, on se sent généralement à l’aise pour le faire : six personnes se disent très à l’aise et six autres plus ou moins à l’aise alors que deux personnes se disent peu à l’aise en public.

Au niveau de l’écriture on retrouve le phénomène inverse : alors que plusieurs ont à écrire des textes tous les jours (4) ou quelques fois par semaine (6), seulement quatre personnes se disent très à l’aise et huit autres plus ou moins à l’aise tandis que deux ne sont pas du tout à l’aise.

La langue anglaise semble bien maîtrisée par tous sauf trois participants. Deux participantes sont anglophones, deux autres personnes disent le parler couramment et sept autres le parlent assez. La lecture de l’anglais semble aller assez bien : cinq personnes la maîtrisent sans problème, huit y arrivent et une seule personne en est incapable. Au niveau de l’écriture de l’anglais, seulement 4 personnes y arrivent sans difficultés.

Cinq personnes dans ce groupe parlent une autre langue que l’anglais ou le français. On connaît l’espagnol, l’italien, le catalan, le grec et le swahili.

Les ordinateurs
Le présent groupe est assez familier avec les ordinateurs, car douze participantes et participants en ont un à la maison et huit ont un ordinateur personnel au travail. Par contre le niveau d’utilisation et la capacité de maîtrise des ordinateurs sont très variables.

Sauf dans quatre exceptions, les participantes et participants utilisent un ordinateur de façon quotidienne : trois ne ressentent aucune difficulté avec l’informatique, sept autres affirment qu’ils se débrouillent, trois utilisent l’ordinateur « avec angoisse » et un se considère nul. La majorité du groupe aime beaucoup travailler avec l’ordinateur (7); une personne les aime passionnément; les autres se disent indifférents face aux ordinateurs (5).

Les logiciels les plus utilisés sont ceux de traitement de textes (13), le courrier électronique Outlook (12). Les chiffriers et les logiciels de présentation sont rarement utilisés (4).

On utilise l’ordinateur principalement pour l’Internet et le courrier électronique, pour écrire des textes; on l’utilise rarement pour entrer des données, faire des présentations et comme agenda ou carnet d’adresses.

L’Internet
La recherche sur Internet n’est une pratique courante que pour sept personnes, les autres ne l’utilisant que rarement (5) ou jamais (2). La capacité à se retrouver sur Internet est en général assez forte : dix participantes et participants se déclarent efficaces sur l’Internet dont deux très efficaces.

Les conférences téléphoniques
La majorité des participants ont peu d’intérêt pour les conférences téléphoniques. Par contre, la pratique semble assez courante, car neuf personnes en font et en moyenne de 5 à 10 fois par année.

Les statistiques
Ce groupe semble assez à l’aise avec les statistiques. Trois personnes les utilisent chaque semaine, dix autres quelques fois par année et un jamais. En général le groupe semble assez à l’aise avec les tableaux statistiques : deux personnes se disent très bonnes, quatre bonnes, trois moyennes et cinq se croient faibles.

Perceptions et attentes

Les forces
Les participants et participantes à ce Collège savent reconnaître leurs forces. Voici ce qui ressort des autoportraits :

Capacités sociales
Sociabilité, entregent;
Capacité de s’exprimer clairement et efficacement en public, d’animer des groupes;
Capacité d’écouter, de mettre les gens en confiance, en sécurité, de respecter les autres;
Sens de l’humour et la capacité de rire de soi;
Ouverture d’esprit et générosité.

Capacités de mobilisation
Capacité de rassembler, de coordonner, de faire passer des messages;
Dynamisme et disponibilité;
Sens politique.

Bonne capacité d’organisation du travail
Esprit d’initiative, capacité d’adaptation, curiosité et bonne dose d’imagination;
Désir de comprendre pour régler les problèmes;
Bonne capacité de recherche, d’analyse et de planification;
Capacité de bien régler des dossiers CSST et CLP.

Détermination et courage
Force de caractère;
Ténacité, capacité de foncer;
Envie de travailler, de développer des projets.

Honnêteté, sens de la justice, engagement et sagesse

Ce qu’on veut améliorer au Collège
Plusieurs mentionnent qu’il y a toujours place pour de l’amélioration et veulent tout prendre ce que le Collège peut offrir.

Plus précisément on souhaite que le Collège permette d’améliorer la compréhension des changements organisationnels, économiques, sociaux qui se vivent dans les milieux de travail et dans notre société et, plus précisément, des relations de travail syndicales / patronales. On veut aussi améliorer la compréhension des effets de la mondialisation sur le secteur public.

Plusieurs veulent aussi améliorer leur capacité de communication : s’exprimer en public et en particulier devant de grandes assemblées, maîtriser les techniques d’écriture, faire des contacts avec les médias. Dans cet esprit, une personne a dit vouloir mieux comprendre les gens quand ils parlent, mieux comprendre leurs besoins.

La maîtrise de l’outil informatique est aussi mentionnée : on veut se sentir plus à l’aise avec l’ordinateur et découvrir de nouveaux logiciels.

Au chapitre des habiletés pratiques, on cherche aussi à améliorer la connaissance des systèmes d’information, la lecture des statistiques, les langues étrangères.

Les attentes face au Collège

Au plan théorique
Plusieurs membres de ce groupe se disent ouverts à tout et souhaitent élargir leur champ de connaissances.

On remarque un grand intérêt pour les connaissances qui se rapportent au mouvement syndical : histoire du syndicalisme, idéologies syndicales, stratégies syndicales et, plus particulièrement, les façons de faire dans les autres syndicats à travers le monde, défis du syndicalisme. Les connaissances sur les changements qui touchent le marché du travail sont aussi mentionnées.

On veut aussi comprendre la mondialisation et ses conséquences sur les milieux de travail ainsi que les stratégies des syndicats pour y faire face. On s’intéresse aussi aux politiques internationales et à la nouvelle économie.

Enfin, on veut aussi comprendre la société québécoise et connaître mieux les lois du travail.

Au plan pratique
L’informatique est certainement l’apprentissage pratique le plus mentionné : on veut apprivoiser l’ordinateur, se sentir plus à l’aise, développer plus d’habiletés, l’intégrer comme instrument indispensable du travail syndical. Une personne souhaite être capable d’utiliser un chiffrier comme Excel et une autre veut être capable de faire des présentations Powerpoint.

En second lieu, plusieurs souhaitent améliorer leur capacité de rédaction : technique de rédaction de communiqués, capacité de faire de bons rapports, de bonnes représentations.

On s’attend aussi à améliorer d’autres compétences en communication comme celle de parler en public, celle de comprendre et de s’exprimer en français et celle d’améliorer ses relations avec les médias.

On s’attend aussi à améliorer certaines compétences intellectuelles comme la capacité de bien différencier entre les objectifs et les moyens pour atteindre les objectifs, apprendre à faire des analyses et des synthèses, s’initier aux techniques de recherche.

Enfin, on veut aussi connaître les méthodes pédagogiques et apprendre à lire, comprendre et interpréter les statistiques.

Au plan des habiletés personnelles
Comme sur les deux autres plans, certains sont ouverts à tout. Ils n’identifient rien de précis. Une personne veut développer « toutes les habiletés qui se rapportent à son travail telles que la négociation, l’approche des employeurs, la solidarité avec les travailleurs ».

Certains veulent se donner des méthodes de travail, « de la discipline et de l’ordre dans leur façon de travailler afin de rendre leur effort plus performant et plus rentable ». D’autres parlent d’améliorer leur organisation du travail, d’améliorer leur concentration en lecture, apprendre à lire des textes scientifiques.

Certains veulent se sentir plus à l’aise quand ils parlent en public, vaincre une certaine timidité. D’autres veulent améliorer leur capacité d’écoute, leur patience et leur diplomatie.

Enfin, certains parlent de développer leur vision, leur imagination et devenir capables d’anticiper les événements. Une personne souhaite aussi améliorer son autonomie.

Les difficultés
Si plusieurs personnes n’envisagent aucune difficulté particulière, d’autres en appréhendent. Une personne reflète sans doute l’état d’esprit de plusieurs en écrivant : « L’inconnu me fait toujours un peu peur et cette formation c’est de l’inconnu pour moi ».

Certains appréhendent des difficultés au plan de la disponibilité pour les besoins du travail (réunions qu’on ne pourra remettre) ou encore pour préserver un espace personnel dans la vie du groupe. On craint de ne pouvoir déconnecter du quotidien. D’un autre point de vue, on craint de manquer de temps pour soi.

On appréhende aussi les difficultés avec l’informatique : on a parfois peur de trouver l’apprentissage de l’informatique trop ardu, de manquer d’expérience.

Deux personnes craignent de ne pas se sentir à l’aise en français car ce n’est pas leur langue maternelle.

Une personne mentionne aussi craindre de ne pas avoir de méthodes de travail : elle craint la « page blanche » et ne sais pas prendre des notes.

Conclusion
Ce groupe est marqué par une grande diversité : diversité de sexe, d’origine ethnique, d’âge, de secteur industriel, d’expérience et de responsabilités syndicales, d’origine syndicale.

La forte présence de femmes et de personnes nées hors du Québec ou enfants d’immigrants sont des caractéristiques importantes de ce groupe. Le secteur d’appartenance des participants et participantes est assez polarisé : forte représentation du secteur industriel et forte représentation des services publics.

Dans l’ensemble, le groupe est assez compétent en communication orale et en informatique. Quant aux capacités linguistiques, elles sont grandes puisque plusieurs personnes parlent anglais ainsi qu’une autre langue. Ce phénomène est lié directement à l’origine des personnes : une source d’enrichissement pour tous et toutes.