Profil du groupe 5

LE COLLÈGE FTQ-FONDS
Profil des participants et participantes
Printemps 2002

Voici le portrait qui se dégage de l’analyse des questionnaires complétés par le groupe 5 du Collège FTQ-Fonds à son arrivée en avril 2002. Les réponses ont été regroupées de façon à conserver la confidentialité. La synthèse porte sur la composition du groupe, sur sa formation, sur ses habiletés de communication et technologiques et sur ses perceptions et attentes.

LA COMPOSITION DU GROUPE

Caractéristiques socio-démographiques
Pour les « habitués » du Collège FTQ-FONDS, le groupe 5 constituera un changement à plusieurs niveaux. D’abord, parce qu’il s’adresse en premier lieu aux dirigeants et dirigeantes élus des syndicats plutôt qu’à des conseillers et conseillères employés des syndicats comme ce fut le cas des quatre premiers groupes. Ensuite, pour la première fois, les femmes constituent la majorité du groupe : en effet, le groupe 5 est composé de 8 hommes et 6 femmes auxquelles s’ajoutent deux animatrices permanentes et une assistante.

L’âge moyen des personnes participantes est de 47 ans avec des extrêmes allant de 36 ans à 56 ans. La majorité des personnes est née dans les années 50 et 9 personnes sur 14 ont entre 45 et 55 ans. La grande majorité (10 sur 14) vit en couple. À l’exception de 2 personnes, tous les participants et participantes sont parents : en moyenne, ils ont 2 enfants, mais la moyenne est augmentée par la présence d’une famille de six enfants. Par ailleurs, plus de la moitié des enfants ont atteint et dépassé l’âge de la majorité.

Actifs dans des milieux très diversifiés, ils sont pour la plupart des dirigeantes ou des dirigeants élus dans les syndicats affiliés à la FTQ. 10 participantes et participants sont à l’exécutif d’un syndicat ou d’une section locale (président, vice-président, secrétaire, responsable de comité). Une personne occupe le poste de coordonnatrice du comité femme de son syndicat. Enfin, les 3 derniers participants occupent des postes permanents dans un syndicat (directeur et conseiller) ou au Fonds de solidarité FTQ (coordonnatrice à la souscription). Certains s’impliquent aussi au Conseil régional, agissent comme plaideurs ou comme formateurs au plan professionnel ou syndical quand ce n’est pas aux deux niveaux! Sur les 11 personnes dirigeantes élues, la majorité (7) effectuent leurs tâches syndicales tout en occupant leur poste dans leur milieu de travail; deux seulement sont libérées à plein temps et deux autres à 2 jours par semaine.

Huit syndicats affiliés différents sont représentés au sein de ce groupe du Collège : quatre proviennent du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et deux de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). Les syndicats suivants ont envoyé chacun une personne : les Métallos, la Fraternité inter-provinciale des ouvriers en électricité (FIPOE), les Teamsters, le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), le Syndicat des travailleuses et travailleurs des postes (STTP), le Syndicat international des employés professionnels et de bureau, section locale 491 (SIEPB-491) et le Syndicat québécois des employés et employées de service, section locale 298 (SQEES-298). Enfin, une employée du Fonds de solidarité de la FTQ se joint aussi au groupe.

Les milieux de travail et d’action syndicale des participantes et participants sont aussi très diversifiés : huit travaillent dans le secteur public, parapublic et péripublic dans les domaines de la santé, de l’énergie, des postes et de l’administration fédérale. Du côté du secteur privé, on retrouve des personnes actives dans la construction, l’industrie manufacturière, les transports et les services. La majorité des personnes participant au Collège 5 proviennent d’entreprises de plus de 500 travailleurs.

Les tâches et responsabilités

Bien qu’ils occupent des postes différents, les participantes et participants ont des tâches et responsabilités assez semblables. Ces dernières représentent la diversité des services et responsabilités syndicales. Elles sont indiquées par ordre d’importance selon le nombre de mentions :
• Offrir des services et des conseils aux membres (11);
• Mener les diverses négociations (10);
• S’occuper des dossiers à la CSST (7);
• Présider des assemblées (7);
• Monter et plaider les dossiers pour les griefs et les arbitrages (6);
• S’occuper de la formation des membres (4);
• S’occuper du recrutement de nouveaux membres (3);

D’autres tâches ont aussi été mentionnées :
• Préparation de dossiers pour les conseillers et conseillères (2);
• Présentation du Fonds de solidarité dans des assemblées;
• Traitement des dossiers de griefs;
• Faire appliquer la convention.

L’expérience syndicale des participants et participantes
Ce qui caractérise les membres du 5e groupe est leur très longue expérience de militantisme syndical. Ils militent et travaillent au sein des syndicats depuis près de 20 ans en moyenne. Pour la plupart, cette expérience se poursuit encore, du fait qu’ils ont un poste élu. Ils occupent leur poste actuel depuis moins de 10 ans, soit en moyenne depuis 4,5 années, mais ils ont presque tous occupé d’autres postes auparavant. Au cours de leurs années d’activité syndicale, la plupart des participantes et participants ont été élus à des postes syndicaux tels que président ou vice-président de section locale, secrétaire, délégué, représentant dans un conseil régional ou dans divers comités (humanitaire, griefs, négociations et santé et sécurité).

LA FORMATION PRÉALABLE

Formations suivies dans les syndicats
De façon très générale, les participantes et participants ont tous profité d’une vaste gamme de cours offerts par les syndicats ou par la FTQ. En moyenne, ils ont suivi 6 formations syndicales.

Cours suivis :

• La santé sécurité (cours de base) (7);
• La négociation collective (8);
• La, le délégué syndical (6);
• Les procédures d’assemblées (6);
• Formateur (4);
• Communication (4);
• Plaideur à la CSST (3);
• Équité salariale (2);
• Avantages sociaux (2);
• Études économiques (2);
• Mon syndicat (2);
• Dossier du grief à l’arbitrage (3);
• Réclamation à la CSST (2);
• Dirigeantes et dirigeants syndicaux (2);
• Retraite (2);
• Règles preuves et procédures;
• Organisation du travail;
• L’information dans mon local;
• Délégués sociaux;
• Prévention SST;
• Condition féminine;
• Économie sociale;
• Rédaction de résolutions;
• Harcèlement;
• Stratégies syndicales en SST;
• Agent d’accréditation syndical.

Six personnes ont suivi la formation pour devenir formateur ou formatrice syndical. De celles-ci, cinq ont déjà donné des formations, dont quatre au cours de la dernière année.

Scolarité des participantes et participants
Sur les 13 personnes qui ont répondu à la question, douze ont obtenu au moins leur diplôme d’études secondaires. Mais la plupart des participants et participantes ont poursuivi leurs études soit pour faire un cours de métier (6), soit pour compléter des études collégiales (2). Deux personnes détiennent aussi un certificat universitaire en santé et sécurité du travail. Enfin, trois personnes ont entrepris des études collégiales ou universitaires (certificats) qu’elles n’ont pas complétées.

Formations personnelles
Les cours ou ateliers suivis en dehors du cadre professionnel par plus de la moitié des participants révèlent les loisirs et les passions qui peuvent animer nos participants : cours d’anglais, chasse, théâtre, relaxation, golf, cuisine végétarienne, auto-défense et ski de fond.

La formation en résumé
Dans l’ensemble, le cinquième groupe semble très bien formé par le mouvement syndical; son niveau de scolarité moyen est par contre moins élevé que celui des groupes précédents. Le Collège devrait donc présenter un défi intéressant et un « moment » de ressourcement puisque qu’il représente pour la majorité une occasion d’approfondir leur formation syndicale et de mettre à profit leur expérience. Seulement 4 personnes sont familières avec les études de niveau universitaire.

HABILETÉS DE COMMUNICATION ET TECHNOLOGIQUES

Les langues
La prise de parole en public ne semble pas poser de problème car la plupart des personnes doivent prendre la parole devant des groupes de façon assez fréquente : une personne dit avoir à le faire tous les jours, 5 ont coché quelques fois par semaines, 5 quelques fois par années et seulement 2 personnes presque jamais. 5 personnes se disent très à l’aise pour parler en public, tandis que les 8 autres s’estiment plus ou moins à l’aise.

L’écriture de textes en français ne semble pas une barrière pour l’ensemble du groupe. Au contraire la très grande majorité s’estime à l’aise (9) alors que les autres (5) se disent plus ou moins à l’aise. Par contre la pratique de l’écriture fait partie des tâches quotidiennes de deux personnes seulement, six autres devant le faire quelques fois par semaine, quatre quelques fois par année et une presque jamais.

L’anglais pose par contre un défi plus grand pour une bonne proportion du groupe. Si trois le parlent couramment, huit autres se débrouillent, tandis que les trois derniers ne le parlent pas du tout. Pour la majorité, la lecture de textes en anglais sera possible mais avec un certain effort. Enfin, l’écriture en anglais s’avère un exercice ardu pour la grande majorité des participantes et participants : six ne l’écrivent pas du tout, cinq écrivent avec difficulté et deux personnes le font sans difficulté.

Deux membres du groupe, qui ne sont pas nés au Québec, parlent au moins une autre langue. Il s’agit de leur langue maternelle et, pour un participant, d’une quatrième langue.

Les ordinateurs
Le présent groupe est assez familier avec les ordinateurs. Par contre, le degré d’utilisation est assez faible et limité pour la moitié du groupe. Onze personnes ont un ordinateur à la maison, mais seulement sept d’entre elles ont un ordinateur personnel au travail. Au niveau de la fréquence d’utilisation le groupe est assez divisé : 4 l’utilisent quotidiennement, 2 plusieurs fois par semaine, 5 seulement quelques fois par semaine et les 3 derniers, rarement. Ceux qui l’utilisent quotidiennement se disent très à l’aise. Parmi les autres, 5 personnes se débrouillent et 5 autres sont angoissées lors de l’utilisation d’un ordinateur. À l’aise ou pas devant leur écran, la grande majorité des participantes et participants reconnaissent l’utilité de cet instrument de travail : 2 en sont passionnés, 7 les aiment beaucoup et seulement 4 personnes sont indifférentes ou les apprécient peu.

On utilise l’ordinateur principalement pour l’Internet (11), pour écrire des textes (11) pour le courrier électronique (9), pour entrer des données (7) et comme agenda ou carnet d’adresses (6) ou pour faire des présentations visuelles (2).

Les logiciels les plus utilisés sont ceux de traitement de texte : Word (3 très souvent, 5 souvent et 2 rarement) et Wordperfect (2 souvent). Le chiffrier Excel est souvent utilisé par 3 personnes et rarement par 3 autres. Les bases de données et les logiciels de présentation sont très rarement utilisés, mais 2 personnes utilisent souvent ou très souvent Powerpoint.

L’Internet
La recherche sur Internet n’est une pratique courante que pour 5 personnes (dont 1 tous les jours), les autres ne l’utilisant que rarement (9). Les capacités d’utiliser l’Internet sont assez hétérogènes : 3 participantes et participants se disent très efficaces, 3 moyennement et 4 un peu efficaces. Enfin, les 3 autres se déclarent incapables d’utiliser Internet par manque de connaissances.

Les conférences téléphoniques
La majorité des participants et participantes ont déjà utilisé la conférence téléphonique : 5 déclarent être indifférents aux conférences téléphoniques et 4 autres aiment peu cet outil alors que 2 personnes ont dit les aimer à cause de leur efficacité et leur côté économique. Toutefois cette pratique semble moyennement courante : en effet, 7 personnes l’utiliseraient de 1 à 4 fois par an, 1 personne de 5 à 9 fois et 2 « habitués » y auraient recours plus de 20 fois par année. Trois personnes n’ont jamais utilisé la conférence téléphonique.

Les statistiques
Selon nos statistiques, 11 participants sur 14 ont à travailler avec des données statistiques : 4 quelques fois par semaine et 7 quelques fois par année. Leur habilité à manier ces données varie beaucoup, car plus des 2/3 se disent moyennement ou faiblement aptes à bien les comprendre (9 et 2 personnes). Seulement 3 personnes se disent bonnes avec les chiffres.

PERCEPTIONS ET ATTENTES

Forces des participants et participantes
La majorité des participantes et participants du groupe 5 dit être préoccupée par son prochain et ressentir un plaisir à être en contact avec autrui. Les notions de partage d’informations et de savoir et de travail d’équipe

Il semble y avoir plusieurs personnes possédant un grand leadership et qui savent se montrer persuasives. Aussi, la persévérance est une qualité que plusieurs semblent percevoir comme un atout. On aime les défis et on est prêt à se battre pour défendre des causes qui nous touchent, comme par exemple, la place des femmes dans notre société, mais aussi celle des jeunes et des aînés.

Certains démontrent une ouverture d’esprit et se disent à l’écoute de l’autre alors que d’autres se décrivent comme étant curieux et ayant un grand désir d’apprendre. En ce qui concerne les caractéristiques sortant de la norme, un participant se dit rationnel, un autre passionné, un qui aime être le centre d’attention (mais qui précise savoir se contrôler), un timide, un qui se questionne beaucoup et finalement, un qui a le sens de l’humour.

Désirs d’amélioration pour mieux faire le travail
Afin de mieux faire leur travail, obtenir plus d’informations et de connaissances générales est une nécessité pour l’ensemble des participants et participantes. Certains souhaiteraient aussi parvenir à mieux communiquer leurs idées et opinions, à l’oral comme à l’écrit, alors que d’autres recherchent des trucs afin de mieux gérer stress et temps pour être plus efficaces et devenir de meilleurs collègues de travail. Finalement, quelques-uns ont mentionné un désir de mieux apprivoiser l’informatique et de parfaire leur capacité d’animation et de négociation.

Attentes face au Collège – connaissances théoriques
La principale attente face aux connaissances théoriques est un désir d’approfondissement des sujets d’actualité auxquels les participants et participantes sont confrontés dans leur milieu de travail. L’économie mondiale, le syndicalisme international, le partage des richesses, l’état de la politique et la mondialisation en général sont tous des sujets qui les préoccupent.

Les autres attentes sont très diversifiées. La rédaction de textes, la façon de faire des liens entre les idées, le moyen de bien mener à terme une négociation constituent d’autres exemples. Finalement, une participante désire mieux connaître le Collège et sa raison d’être, alors qu’une autre trouve difficile d’avoir des attentes, vu le programme qui est très diversifié et qui la satisfait.

Attentes face au Collège – connaissances pratiques
La principale habileté pratique que ce groupe souhaite acquérir est une meilleure utilisation des ressources informatiques ce qui leur permettrait d’être plus confiants et éventuellement plus efficaces dans leur recherche. De plus, les participants souhaiteraient avoir des trucs concrets qui leur permettraient de bien s’exprimer devant un public et de vulgariser la matière afin d’aider leurs membres à mieux comprendre leur situation malgré le jargon syndical. Puis, certains aimeraient améliorer la planification des tâches qu’ils doivent accomplir et être plus capables de faire des synthèses d’idées.

En dernier lieu, se familiariser avec les statistiques et les graphiques, ainsi qu’une meilleure argumentation, font partie des habiletés que certains participants et participantes veulent acquérir grâce à la formation offerte par le Collège.

Attentes face au Collège – habiletés personnelles
Les habiletés personnelles que souhaitent développer les participants et participantes diffèrent quelque peu. Cependant, la gestion de stress et de temps, l’acquisition d’une plus grande confiance en soi ainsi que de meilleures méthodes de travail et d’expression orale sont des notions mentionnées par plus d’un.

Concernant les attentes plus spécifiques, les exemples sont nombreux. Un participant souhaite parvenir à donner son opinion en faisant preuve de diplomatie; un autre veut pouvoir mieux s’adapter aux changements qui ont lieu dans son milieu de travail; un troisième aimerait parvenir à être plus à l’écoute des gens autour de lui; un dernier souhaite améliorer son anglais.
Finalement, le désir de s’améliorer semble présent chez toutes les personnes de ce groupe.

Difficultés entrevues dans leur formation au Collège
Près de la moitié des participants et participantes n’entrevoient aucune difficulté dans leur formation au Collège.

Parmi les inquiétudes de l’autre partie du groupe, on retrouve une appréhension face à l’accumulation des responsabilités qu’ils ont dû mettre temporairement de côté, des doutes à savoir s’ils seront à la hauteur et pourront suivre le rythme du groupe, notamment en informatique, la peur de l’inconnu et le doute face à la capacité de maintenir un intérêt en situation de désaccord. De plus, un participant craint que son ordinateur personnel ne soit pas assez performant pour les tâches à effectuer. Finalement, un autre participant ressent une appréhension plus délicate et personnelle face à l’état de santé d’un membre de la famille.