Profil du groupe 3

LE COLLÈGE FTQ-FONDS
Synthèse de l’autoportrait
Hiver 2001

Nous vous présentons ici les résultats de la compilation des questionnaires que vous avez complétés pour nous permettre de mieux vous connaître. La présente synthèse regroupe vos réponses par catégorie et permet de dégager un profil de votre groupe, tout en conservant, le plus possible, la confidentialité des réponses. Bien entendu, vous vous reconnaîtrez parfois, mais certaines informations font partie du « domaine public » comme par exemple votre syndicat ou votre ancienneté syndicale dont vous nous parlerez sûrement.

La composition du groupe
Le troisième groupe participant au Collège FTQ-FONDS est composé de seize (16) personnes, dont quatre (4) femmes et douze (12) hommes. Âgés de 30 à 51 ans, avec une moyenne de 43 ans, les participants et participantes de ce groupe sont pour la majorité des parents de deux enfants. Un participant a trois enfants. On constate qu’un homme sur douze n’a pas d’enfant alors que trois femmes sur quatre sont dans la même situation.

L’ensemble du groupe a ensemble 23 enfants dont la majorité sont des adolescents ou de jeunes adultes. L’âge des enfants va de 2 ans à 24 ans. Seuls cinq enfants ont moins de 10 ans; onze enfants ont de 11 à 19 ans et cinq enfants ont 20 ans et plus. On ignore l’âge de deux enfants.

Actifs dans des milieux très diversifiés, les participants et participantes sont, à l’exception de trois personnes, employés comme conseiller ou conseillère syndicale bien qu’on les appelle parfois « représentant » ou « agent d’affaire » selon les coutumes de chaque syndicat. La plupart des conseillers et conseillères font le service aux sections locales (10/13). Les autres sont soit responsable de la formation, soit responsable des communications et des dossiers spéciaux, soit organisateur syndical. Deux des trois personnes qui n’agissent pas comme conseiller ou conseillère sont des dirigeants élus. L’autre personne s’occupe de formation au Fonds de solidarité.

Les syndicats représentés
Douze syndicats sont représentés dans ce groupe. La majorité des participants et participantes (10/16) oeuvrent dans le secteur privé soit dans les services soit dans le secteur industriel et la construction. Ils viennent du Syndicat des métallos, du Syndicat canadien des communication de l’énergie et du papier (SCEP), des Travailleurs canadien de l’automobile (TCA), des Teamsters, des Travailleurs et Travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) et de l’Union des employées et employés de services (UES-800). De ces dix personnes, trois viennent d’un syndicat de la construction soit de la Fédération inter-provinciale des ouvriers en électricité (FIPOE), soit de l’Association internationale des travailleurs en pont, en fer de structure ornemental et d’armature (SL 711), soit de l’Association internationale des travailleurs du métal en feuille (SL 116). Cinq personnes viennent de syndicats implantés dans le secteur public et parapublic : Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), Syndicat québécois des employées et employés de services (SQEES-298). Enfin, un participant, membre de l’UES-800, travaille pour le Fonds de solidarité de la FTQ.

Les tâches et responsabilités
Bien qu’ils occupent presque tous un poste semblable, les participants et participantes doivent tous les jours faire face à une grande diversité de responsabilités. En ordre d’importance selon le nombre de mentions :
• offrir des services et des conseils aux membres (10)
• mener les diverses négociations (8)
• monter et plaider les dossiers pour les griefs et les arbitrages (6)
• s’occuper du recrutement de nouveaux membres (5)
• s’occuper des dossiers à la CSST (2)
• présider des assemblées
• faire respecter les statuts du syndicat
• s’occuper des communications
• faire appliquer les conventions collectives

D’autres responsabilités sont reliées aux autres postes occupés par certains participants et participantes
• placement des membres auprès des employeurs
• promouvoir les intérêts du syndicat
• planifier et coordonner les programmes de formations
• gestion
• éducation des membres

Le parcours syndical

L’expérience syndicale
La moyenne d’années de service au poste actuel est de 3,4 années, mais la médiane n’est que de 1,5 années. Les participants et participantes à cette session occupent donc leur poste permanent actuel depuis une période relativement courte. Quatorze d’entre eux occupent ce poste depuis moins de cinq ans et deux « vétérans » occupent le même poste depuis plus de 15 ans. Cependant, plusieurs sont employés permanents de leur syndicats ou d’un autre syndicat depuis plus longtemps : quand on considère l’ancienneté totale, on augmente à six le nombre de personnes ayant plus de 5 ans d’ancienneté comme employé ou dirigeant d’un syndicat. La moyenne d’années de service au total comme employé permanent d’un syndicat ou à un poste électif monte alors à 6 années, la médiane se situant à 4 années.

Si on ajoute à cette expérience le militantisme syndical, on s’aperçoit que le groupe est dans l’ensemble très expérimenté. Si deux personnes proviennent d’autres secteurs que de la base syndicale, les 14 autres ont été actifs en moyenne pendant 9,5 ans au sein de leurs organisations locales et régionales avant d’obtenir leur poste permanent (de 2 à 16 ans). Au cours de ces années, la plupart ont occupé des postes électifs tels que président ou vice-président de section locale, secrétaire (2), membre du bureau de direction régionale (2) ou directeurs (2). Ils ont été délégués, représentants au conseil régional ou à divers comités (communication, griefs, relations publiques, négociations et sportif). Seulement trois d’entre eux ont travaillé pour un autre syndicat que celui qui les emploie actuellement.

Les formateurs et formatrices
Cinq participants et participantes sont reconnus comme formateurs et formatrices et ont eu l’occasion de donner des sessions de formation aux membres de leurs syndicats sur les thèmes suivants :
• La, le délégué syndical (5)
• Les dirigeants syndicaux (5)
• Mon syndicat (3)
• Dossier du grief à l’arbitrage (2)
• Le rôle de la ou du délégué pendant la période de négociations
• La santé sécurité (cours de base)
• Le comité de santé sécurité
• Initiation à la vie économique
• Communication
• Organisation du travail

La formation

La scolarité et les anciens emplois
Tous les participants et toutes les participantes ont complété leurs études secondaires. Six d’entre eux ont reçu une formation dans un métier particulier. Deux participants ont complété un diplôme d’études collégiales (DEC) dans une technique. Enfin, trois participantes ont obtenu un diplôme universitaire.

Les métiers et emplois occupés par les participants et participantes avant d’être plongés dans la vie syndicale sont extrêmement diversifiés. Ils étaient opérateur de chariot-élévateur, soudeur, journalier, ouvrier, délégués de chantier, technicien en automatisme ou électricien. D’autres oeuvraient dans les services comme infirmière, agent de bord, avocat, commis de bureau, gardien de prison ou boucher. Enfin certains travaillaient à contrats comme chercheure, agent de relations publiques, graphiste ou avocate.

La formation professionnelle en emploi
Hormis les formations syndicales, huit personnes ont suivi des formations professionnelles en cours d’emploi. Pour quatre d’entre eux, il s’agissait tout simplement de perfectionnement et de remise à jour de leur formation de base. Les autres ont suivi des formations parallèles à leur travail sur des sujets comme l’approche bénéficiaire et problèmes cognitifs, l’équité salariale, la gestion de logiciels, le harcèlement en milieu de travail, les relations industrielles, les fibres optiques, l’informatique ou les techniques en relation d’aide.

La formation suivie dans les syndicats
De façon très générale, les participants et participantes ont tous profité d’une vaste gamme de cours offerts par les syndicats ou la FTQ. La plupart des cours portent sur le travail syndical à faire à la base : délégué, négociation, arbitrage, plaideurs, procédures d’assemblée, et tous les cours de santé et de sécurité du travail

Voici la liste des cours suivis, principalement avant d’obtenir la permanence :
• La, le délégué syndical (5)
• Négociations (5)
• Mon syndicat (5)
• Rôle des dirigeants syndicaux (4)
• Règles de preuves et procédures (4)
• Dossier du grief à l’arbitrage (4)
• Réclamation à la CSST (4)
• Formateur (3)
• Comment s’organiser pour gagner du temps (3)
• La santé sécurité (cours de base) (3)
• Les procédures d’assemblées (2)
• Délégués sociaux (2)
• Le comité de santé sécurité (2)
• Plaideur à la CSST (2)
• Le rôle de la ou du délégué pendant la période de négociations
• L’enquête d’accident
• Communication orale
• Évaluation des tâches
• Délégué de chantier
• Communication
• Équité salariale

La formation en cours d’emploi semble par contre moins fréquente, car seulement 3 personnes ont suivi des formations après avoir obtenu leur poste de permanent.
• Preuve et procédure
• Plaideur à la CSST
• La négociation collective
• Formateur
• Arbitrage
• Initiation à l’informatique
• Équité salariale
• Harcèlement au travail

La formation personnelle
Les cours ou ateliers suivis en dehors du cadre professionnel par plus de la moitié des participants et participantes révèlent les loisirs et les passions qui peuvent les animer : cours d’anglais ou d’italien, taï chi, tae kwon do, karaté, musique, sculpture, tir à l’arc, arme à feu, sécurité routière et marine, golf, plantes médicinales et gestion des coopératives.

La formation en résumé
Le troisième groupe du Collège est bien scolarisé, tout le groupe ayant complété des études secondaires avec soit des cours de métier en sus ou encore des diplômes collégiaux ou universitaires. La plupart des personnes sont très bien formées par le mouvement syndical. Le Collège devrait donc présenter un défi intéressant et un «moment» de ressourcement puisque qu’il représente pour la majorité une occasion unique d’approfondir leur formation professionnelle ou syndicale. En effet, depuis leur début comme permanents, les occasions de se former se sont révélées plus rares pour la majorité.

Les habiletés de communication et technologique

Les langues
La prise de parole en public ne pose aucun problème pour huit personnes sur seize. Les autres s’estiment plus ou moins à l’aise pour parler en public. L’écriture de textes en français ne semble pas une barrière pour l’ensemble du groupe.

L’anglais pose par contre un défi plus grand pour une bonne proportion du groupe. Si trois le parlent couramment, huit se débrouillent et les quatre autres ne le parlent pas du tout. La lecture de textes semble mieux maîtrisée, tandis que l’écriture en anglais est difficile ou impossible pour tous les participants et participantes à l’exception de trois.

Deux personnes parlent plus de deux langues (espagnol et portugais).

Les ordinateurs
Le présent groupe est déjà très familier avec les ordinateurs, car treize personnes sur seize en ont un à la maison et seulement cinq d’entre elles n’ont pas d’ordinateur personnel au travail. On considère majoritairement qu’on se débrouille avec ces « machines »; seulement deux personnes sont angoissées lors de leur utilisation. Par contre, on aime peu travailler avec les ordinateurs (10), trois personnes le faisant pour se plier à l’air du temps. À l’opposé, trois autres personnes apprécient ces instruments.

Les logiciels les plus utilisés sont ceux de traitement de texte : Word (8) et Wordperfect (4). Les chiffriers, les bases de données et les logiciels de présentation sont très rarement utilisés.

Internet
La recherche sur Internet est une pratique courante pour 2 personnes, les autres ne l’utilisant que rarement (7) ou jamais (3). Leur capacité est jugée très ou moyennement efficace pour 9 des participants et participantes. Deux personnes se déclarent incapables d’utiliser Internet. On ignore s’il s’agit de limite d’accessibilité ou de capacité.

Logiciels syndicaux
La grande majorité des syndicats représentés ont un site web (11), mais les permanents s’y réfèrent peu souvent (seulement 4 disent souvent ou très souvent).

Huit syndicats locaux ont des logiciels conçus pour leur fonctionnement interne. Le plus répandu est celui de gestion des cotisations. D’autres logiciels de gestion sont utilisés pour traiter les dossiers en santé et sécurité (4), de griefs (3), d’arbitrage (2), des payes ou les changements d’adresse des membres.

Conférences téléphoniques
Même si la majorité des participants et participantes déclarent n’aimer que moyennement les conférences téléphoniques, cette pratique semble assez courante. En effet, neuf personnes l’utiliseraient de 1 à 5 fois par ans, cinq personnes de 6 à 9 fois et un « habitué » y aurait recours plus de 15 fois.

Statistiques
Selon nos statistiques, treize personnes sur seize ont à travailler avec des données statistiques : une très souvent, cinq souvent et huit, à l’occasion. Leur habileté à manier ces données varie beaucoup, car plus de la moitié se disent moyennement ou faiblement aptes à bien les comprendre. Deux personnes se disent très bonnes et cinq seulement bonnes avec ces chiffres.

La majorité des personnes formulent le souhait d’améliorer leurs capacités d’analyser les statistiques (14/16 disent beaucoup ou moyennement).

Les acquis du groupe et les attentes
Conscients de leurs forces et des défis qu’ils ont à relever, les participants et les participantes ont exprimé des attentes sérieuses et ambitieuses vis-à-vis du Collège.

D’abord, le groupe entre au Collège outillé de plusieurs grandes qualités. Elles sont par ordre décroissant du nombre de mentions : leadership, bonne communication, assimilation rapide des informations, travail d’équipe, rallier les membres, contact interpersonnels, établir les liens de confiances, stimulé par les défis, écoute, détermination, pédagogie, bon négociateur, bon rédacteur, organisation, patience, honnêteté, intégrité, connaissance du milieu.

Améliorations recherchées
Défis personnels ou objectifs de vie, les participants et participantes souhaiteraient améliorer leurs capacités et leurs qualités dans plusieurs domaines :
• connaissances en informatique (8)
• connaissance des lois (6)
• avoir une vision plus globale (4)
• gestion du temps (4)
• capacité de faire des recherches (3)
• techniques d’animation et de communication (3)
• se connaître soi-même (2)
• capacité de mobiliser (2)
• planification stratégique
• améliorer l’interaction avec les gens
• patience
• améliorer ses qualités de négociateur
• technique de plaidoirie et interrogation

Attentes face au Collège
Le séjour au Collège devrait leur permettre d’approfondir des connaissances et de développer des outils pour l’action.

Approfondir les connaissances théoriques pour mieux comprendre :
• Mieux comprendre les liens et interactions entre les grands enjeux sociaux et le monde du travail et syndical. (12)
• Revenir au travail avec un bagage enrichissant (7)
• Mieux connaître le mouvement syndical (5)
• Acquérir une vision plus large des développements économiques, sociaux et mondiaux (4)
• Comprendre la mondialisation (4)
• Souffler un peu et approfondir des sujets car le travail ne leur en laisse pas le temps (4)
• S’informer sur l’évolution des lois du travail
• Mieux comprendre l’économie globale.

Développer des compétences techniques pour mieux faire le travail :
• Acquérir des aptitudes avec les ordinateurs (4)
• Apprendre à mieux représenter mes membres (4)
• Améliorer les aptitudes de recherche (2)
• Apprendre à mieux transmettre les connaissances (2)
• Gestion du travail(2)
• Devenir plus à l’aise pour parler en public

Comme l’ont mentionné quatre personnes, le Collège devrait aussi être un lieu où il est possible de rencontrer des gens de divers milieux et d’échanger sur leurs expériences et points communs. Il devrait être l’occasion de resituer dans un contexte plus global les activités syndicales de tous les jours.

Peu de difficultés sont appréhendées par les participants et participantes. La plus courante est l’inquiétude que provoque l’absence prolongée du bureau, loin des dossiers (3). L’anglais pourrait aussi poser un problème pour 2 personnes. Le manque d’habitude de l’étude, du travail scolaire ou de la rédaction a été soulevé. Certains problèmes de santé comme le mal de dos sont mentionnés. Enfin, un participant se méfie des discussions politiques qui pourraient dégénérer en débats stériles et un autre craint les réactions du groupe à son statut de dirigeant local.

Les obligations familiales
Des inquiétudes ont été soulevées à ce sujet par quelques personnes :
• Possibilité d’avoir des problèmes pour faire garder les enfants;
• Un enfant attend pour une opération à l’épaule;
• Les semaines de 7 jours.

Une participante a mentionné une allergie aux poivrons.

Conclusion
Ce troisième groupe du Collège est plus nombreux que les deux premier. Il rassemble des personnes très différentes tant au plan de l’âge, de l’expérience syndicale, de la scolarité et de l’emploi précédant l’implication syndicale. Toutefois, ces personnes ont en commun de faire le même « métier » dans des contextes syndicaux variés et, sans aucun doute, de manière différente pour tenir compte des caractéristiques des membres et des traditions de leur syndicat. Cette diversité est une richesse.

Les participants et les participantes sont conscients de leurs forces qui peuvent se résumer sous le terme de « leadership ». Ils et elles sentent le besoin d’améliorer surtout leurs compétences techniques en informatique et en droit par exemple, mais leurs attentes face au Collège sont plus larges : on veut approfondir nos connaissances théoriques en particulier sur les grands enjeux sociaux pour le monde du travail et élargir notre vision ; on veut aussi développer des compétences techniques pour être mieux en mesure de bien faire notre travail. On compte aussi beaucoup sur les échanges pour s’enrichir de l’expérience des autres.

Le groupe exprime peu d’inquiétudes pour participer au Collège. La principale est de laisser ses dossiers en plan. Bien que l’on manque d’habitude d’étude, on a généralement confiance en sa capacité à faire le programme. D’ailleurs, l’expérience des deux premiers groupes en témoigne!