Profil du groupe 10

LE COLLÈGE FTQ-FONDS
Synthèse de l’autoportrait
Groupe 10 – Hiver 2004

La composition du groupe
Le Collège FTQ-FONDS, dixième édition, est composé de 12 personnes, dont 3 femmes. Provenant de 7 syndicats; 6 sont des permanents et 6 des officiers élus. Le secteur de la construction est bien représenté par 5 personnes de deux syndicats du secteur. La moyenne d’âge de ce groupe s’élève à 46 ans, avec un écart allant de 37 ans à 57 ans. Huit personnes du groupe vivent en couple. La présence de jeunes enfants ne semble pas un obstacle à la participation au Collège puisque 5 personnes sur 12 n’en ont pas; les sept autres ont ensemble 16 enfants entre 13 et 28 ans et dont neuf ont 20 ans et plus.

L’implication syndicale des participantes et participants est très diversifiée. Six personnes sont employées par des syndicats comme conseillers syndicaux, dont une comme élue faisant occasionnellement du remplacement. Les six autres participantes et participants sont des élus dont l’un est président d’unité locale, deux sont vice-présidents de leur section locale, une coordonnatrice du comité des femmes et deux responsables de la santé et sécurité du travail. Certains ont aussi des responsabilités dans les instances de leur syndicat. Trois des dirigeants élus sont libérés à temps plein.

Les syndicats représentés
Les syndicats du secteur construction ont une forte présence dans ce groupe. Cinq des participants de ce secteur proviennent de deux syndicats : trois sont de l’Association des manœuvres interprovinciaux (AMI) et deux de la Fraternité nationale des charpentiers-menuisiers (FNCM). Du secteur privé, il y a deux membres du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier et un de l’Union des employés de service, local 800 (UES-800). Quatre proviennent du secteur des services publics dont deux sont de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), une du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et une autre du Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes (STTP).

Les tâches et les responsabilités
Les tâches et les responsabilités reliées à leur travail syndical sont très diversifiées. Elles sont indiquées par ordre d’importance selon le nombre de mentions :
• Offrir des services et des conseils aux membres (10);
• Formation des membres (6);
• S’occuper des dossiers à la CSST (5);
• S’occuper du recrutement de nouveaux membres (6);
• Mener les diverses négociations (4);
• Présider des assemblées (4);
• Plaider les dossiers griefs et arbitrage (3);
• Équité salariale et condition féminine(2)
• Comité de relations de travail (1)
• Information et journal (1)

L’expérience syndicale des participants et participantes
Les participantes et participants de ce 10e groupe sont relativement nouveaux à leur poste : ils ont moins de 6 ans d’ancienneté en moyenne et plus de la moitié n’occupent leur poste que depuis l’an 2000. Toutefois trois personnes ont plus de 10 ans d’ancienneté à leur poste. Par contre, quatre personnes occupaient d’autres postes au sein de leur syndicat depuis plus longtemps, dont l’un depuis 28 ans.

La plupart des participantes et participants ont une bonne expérience de militantisme syndical. En effet, 4 d’entre eux ont plus de 20 ans de militantisme à leur actif au sein de leurs organisations locales et régionales et 3 autres plus de dix ans.

La formation

La scolarité
Au niveau de la formation scolaire, le groupe peut se diviser en trois. Le premier, moins scolarisé, compte quatre personnes qui ont commencé à travailler durant ou après leur secondaire et une personne qui a complété l’école des métiers. Le deuxième groupe compte quatre personnes qui sont allées au CEGEP dont trois ont complété leurs études (bureautique, administration, télécommunication, prévention pompier incendie). Enfin, le troisième groupe compte trois personnes qui ont fait des études universitaires, soit au niveau du certificat (santé et sécurité au travail, intervention psychosociale), ou bien au niveau du baccalauréat ou des études supérieures (andragogie, biologie, sciences juridiques).

Deux personnes ont continué leur formation en cours d’emploi. Elles se sont intéressées à l’informatique, à la rémunération, à l’administration.

Les formations suivies dans les syndicats

En plus de leur expérience pratique, les participantes et participants ont tous profité, sauf un, de la formation syndicale pour développer leurs compétences et leurs habiletés.

Les cours les plus fréquemment suivis sont :
• La, le délégué syndical
• La santé sécurité (cours de base)
• Communication orale et écrite
• Équité salariale
• Dossier du grief à l’arbitrage
• Leadership des dirigeants et dirigeantes syndicales
• Plaideur à la CSST
• Délégué social
• Réclamation à la CSST
• Négociation
• Les procédures d’assemblées
• Règles preuves et procédures
• Assurance emploi
• Retraite
• Condition féminine et équité en emploi
• Prévention du harcèlement
• Et plusieurs formations spécifiques au secteur d’activité des participants.

Sept personnes du groupe ont suivi la formation pour devenir formateur ou formatrice syndicale. La majorité ont reçu cette formation dans les années 2000. Quatre d’entre elles ont donné des formations au cours de la dernière année.

La formation personnelle
Les cours ou ateliers suivis en dehors du cadre professionnel par onze participants et participantes révèlent la diversité des loisirs et des passions qui animent les membres de ce groupe. Certains s’intéressent aux activités sportives comme le karaté, l’administration d’un organisme sportif, le football, l’aquaforme. D’autres se sont tournés vers le plein air en prenant des cours de sécurité nautique, de voile, de cuisine plein-air. Les arts tels l’ébénisterie et la musique, attirent quelques participants. Les sciences humaines (les relations de couple, l’éducation des enfants), les langues (l’anglais et l’arabe) et l’informatique (traitement de textes, chiffrier) ont suscité aussi de l’intérêt. Sans compter le perfectionnement dans le métier que quelques-uns ont poursuivi de leur propre initiative.

Anciens emplois des participants
Les métiers et emplois occupés par les participants actuellement ou avant d’être plongés dans la vie syndicale sont diversifiés. Ils ont pratiqué leur métier de menuisier-charpentier sur des chantiers ou dans des usines. Ils ont été manœuvres dans des entreprises reliées à la construction. Ils ont été techniciens en télécommunication. Plusieurs occupent toujours un poste dans leur métier initial

La majorité des membres de ce groupe proviennent du secteur de la construction ou du secteur public. Deux viennent d’une grande entreprise de télécommunication et un autre du secteur de l’entretien ménager.

Un participant était autrefois à son compte comme entrepreneur et un autre a fait de l’enseignement.

Habiletés de communication et technologiques
Bien que la fréquence de la pratique diffère au sein du groupe, tous ont l’expérience de la communication. Pour ce qui touche l’expression devant un groupe, une personne le fait tous les jours, cinq quelques fois par semaine et les six autres quelques fois par année. Bien que tous n’aient pas l’occasion de parler en public, neuf se sentent plus ou moins à l’aise et trois très à l’aise.

Au niveau de l’écriture, deux personnes ont à écrire des textes tous les jours, mais la majorité (6) le fait quelques fois par semaine; quatre personnes n’écrivent pas souvent soit quelques fois par année (2) ou presque jamais (2). Six personnes se disent très à l’aise quant à l’écriture et quatre autres plus ou moins à l’aise, tandis que deux ne sont pas du tout à l’aise.

Les langues
La langue anglaise semble bien (3) ou moyennement (5) maîtrisée par 8 participants. Quatre participants ne la parlent pas du tout. La lecture de l’anglais varie selon les participants : trois personnes la maîtrisent sans problème, six y arrivent et trois personnes en sont incapables. Au niveau de l’écriture de l’anglais, seulement trois personnes y arrivent sans difficulté.

Trois personnes dans ce groupe parlent une autre langue que l’anglais ou le français. Il s’agit de l’espagnol, de l’arabe et de quelques langues africaines.

Les ordinateurs
Un peu plus de la moitié du groupe semble à l’aise avec l’informatique. Huit participantes et participants ont un ordinateur à la maison et six en ont un au travail. Par contre le niveau d’utilisation et la capacité de maîtrise des ordinateurs sont très variables.

Plus de la moitié des participantes et participants utilisent un ordinateur de façon quotidienne; trois rarement et deux jamais. On l’utilise surtout pour le travail (6) mais aussi pour les loisirs (4). Quatre personnes disent l’utiliser sans difficulté, quatre autres « se débrouillent » et trois se sentent nuls. Sept participants aiment beaucoup travailler avec l’ordinateur; deux, un peu et un pas du tout.

Les logiciels les plus utilisés sont ceux de traitement de textes (7), le courrier électronique Outlook (6), l’entrée de données (5). Les chiffriers et les logiciels de présentation sont rarement utilisés (2).

On utilise l’ordinateur principalement pour l’Internet et le courrier électronique et pour écrire des textes. On l’utilise rarement pour entrer des données, faire des présentations graphiques ou comme agenda ou carnet d’adresses.

L’Internet
La recherche sur Internet n’est une pratique courante que pour quatre personnes, les autres ne l’utilisant que rarement (5) ou jamais (3). La capacité à se retrouver sur Internet est convenable pour la moitié du groupe : six participantes et participants se déclarent efficaces sur l’Internet dont un très efficace.

Les conférences téléphoniques
Les conférences téléphoniques ont été utilisées par huit personnes, dont deux le font plus de 5 fois par année. Une personne apprécie ce moyen, deux sont indifférentes et trois n’aiment pas ce moyen de communication.

Les statistiques
Le groupe semble n’utiliser que quelques fois par année les statistiques. Trois personnes disent avoir de bonnes habiletés à consulter et à comprendre les statistiques, alors que trois se classent dans la moyenne et que cinq se considèrent comme faibles.

Perceptions et attentes

Les forces
Les participants et participantes à ce Collège savent reconnaître leurs forces.

En particulier, ils font ressortir leur compétence dans leur travail de syndicaliste : bonne connaissance de la convention collective et des législations en général et en santé et en sécurité du travail; leadership et capacité de négocier de bons règlements; capacité d’aider les autres à régler leurs problèmes, à trouver des solutions.

Certains soulignent des qualités stratégiques telles l’esprit d’analyse, la vivacité, le « bon jugement », la capacité à faire des choix stratégiques et à avoir une vision de court et de long terme.

On parle aussi des qualités intellectuelles comme la mémoire, le goût et la facilité à apprendre et à faire de la recherche. Plusieurs se disent travaillants et consciencieux. Cela se traduit dans des compétences comme monter des dossiers, faire des recherches, écrire des rapports, identifier des besoins et des solutions.

Plusieurs font valoir leurs qualités sociales de bon communicateur : on est à l’aise pour parler en public, on est capable d’être bref et concis dans ses propos, on a une bonne diction. On est aussi capable d’être à l’écoute et compréhensif.

Certains soulignent enfin leurs qualités personnelles : on est patient et pacifique, persévérant, franc et honnête, juste, perfectionniste, fonceur, déterminé et ambitieux.

Ce qu’on veut améliorer au Collège
Les participants veulent s’améliorer à l’occasion de leur présence au Collège.

Ils veulent à la fois approfondir leurs connaissances du syndicalisme et des enjeux économiques, politiques et sociaux, améliorer leurs habiletés en communication, mieux comprendre les relations de travail et se donner de nouveaux outils comme l’informatique.

En matière de syndicalisme, on parle à la fois de réfléchir sur son implication, nourrir son militantisme et en savoir plus sur toutes les facettes du syndicalisme.

En matière de communication, on veut s’améliorer à divers niveaux : s’exprimer en public et en particulier devant de grandes assemblées, maîtriser les techniques d’écriture. Dans cet esprit, une personne a dit vouloir mieux comprendre les gens quand ils parlent, mieux comprendre leurs besoins.

En matière de relations de travail, on parle d’approfondir les connaissances, d’apprendre à gérer du personnel.

Enfin, les outils informatiques occupent une grande place en terme d’initiation ou de perfectionnement : on veut se sentir plus à l’aise avec l’ordinateur et découvrir de nouveaux logiciels.

Les attentes face au Collège

Au plan théorique
Les attentes des participants sont fortement polarisées autour des enjeux actuels de la société en matière d’économie, de finances, de politique tant au niveau local qu’international. Plus particulièrement, on veut approfondir les effets de la mondia-lisation sur le Québec. Les participants souhaitent mieux comprendre les enjeux des politiques gouvernementales, les orientations que les employeurs donnent au monde du travail, (évolution du capitalisme et des grandes décisions au plan international. Les changements dans le monde du travail et les implications de ces changements préoccupent les participants.

Bien sûr, le lien entre ces enjeux et l’action syndicale occupe une place centrale. On s’inquiète de la désyndicalisation. On souhaite mieux connaître l’organisation syndicale ici et ailleurs et en particulier la structure de la FTQ et ses relations avec ses affiliés ainsi que la place des femmes dans les syndicats. On veut avoir une vision plus globale de ce qu’est un syndicat et développer l’action syndicale pour faire face à ces enjeux.

Au plan pratique
L’informatique est certainement l’apprentissage pratique le plus mentionné : on veut apprivoiser l’ordinateur, se sentir plus à l’aise, développer plus d’habiletés, l’intégrer comme instrument indispensable du travail syndical, faire des recherches sur Internet..

En second lieu, plusieurs souhaitent améliorer leurs compétences en communication orale et écrite. On veut devenir bon orateur, apprendre à parler en public avec un micro, devenir plus à l’aise devant un grand groupe. On veut aussi améliorer sa capacité de rédaction : prendre des notes, faire de bons rapports, de bonnes présentations, lire des textes.

On souhaite aussi savoir mieux se servir des statistiques, apprendre à les lire et à les comprendre.

On veut aussi développer des capacités de gestion appliquée au syndicalisme : stratégie syndicale, négociation, gestion des ressources humaines, organisation d’un conseil d’administration.

Enfin, on veut aussi se donner des méthodes de travail pour améliorer l’organisation de son bureau, savoir repérer les ressources pour trouver des informations.

Au plan des habiletés personnelles
Au-delà des habiletés de communication, les participants et les participantes veulent s’améliorer en particulier au plan de leurs relations interpersonnelles pour de meilleures relations de travail : apprendre à être rassembleur, à prendre du recul rapidement dans des discussions conflictuelles et à mieux comprendre les personnes sans porter de jugement, à négocier avec diplomatie, à être crédible, à influencer les patrons récalcitrants.

Dans la perspective de maintenir un régime de vie sain, on veut connaître ses limites et apprendre à gérer son temps. On veut aussi apprendre à se faire confiance.

Enfin, certains souhaitent échanger sur la formation qu’on peut et doit transmettre aux gens autour de nous.

Les difficultés
Si certaines personnes n’envisagent aucune difficulté particulière, d’autres en appréhendent.

Certains craignent de manquer de temps soit pour préserver leur espace personnel et faire de l’exercice, soit pour bien faire leurs travaux. Une personne craint aussi les périodes à domicile où elle risque d’être distraite par d’autres occupations.

Certains craignent de ne pas être à la hauteur et de réaliser ce qui est demandé au collège pour les raisons suivantes : le langage spécialisé, qui peut être rebutant; le peu d’habitude de la lecture, de l’écriture et de l’informatique; la difficulté avec le français écrit pour un participant qui a étudié à l’école anglaise. Le choix du thème du projet synthèse préoccupe aussi deux participants.

Parmi les autres préoccupations, il y a le problème de transport (pas d’auto) et la maladie d’une personne proche.

Conclusion
Ce groupe est majoritairement composé d’hommes et le secteur de la construction compte pour presque la moitié des participants et des participantes. Quatre personnes proviennent du secteur public ou parapublic et les trois autres proviennent du secteur des services privés. Plusieurs personnes sont relativement nouvelles à leur poste, mais ont une longue expérience de militantisme syndical.

Dans l’ensemble, le groupe est assez à l’aise en communication orale et, à l’exception de trois personnes qui sont complètement novices, plusieurs connaissent déjà bien l’informatique.

Le groupe se reconnaît des forces personnelles comme la patience et la persévérance et des qualités de communication orale et d’écoute. Les principales attentes concernent le développement de la compétence en informatique et en communication orale et une meilleure connaissance des grands enjeux actuels en lien avec l’action syndicale.