Journée de réflexion sur l'assurance médicaments

L’assurance médicaments à la croisée des chemins!

Près de 150 personnes ont participé à la journée à Trois-Rivières le lundi 30 novembre. Intitulé « À la croisée des chemins », cette journée se voulait un moment pour faire le point sur l’avenir de l’assurance médicaments au Québec. « Nos assurances collectives sont devenues un enjeu de négociation de plus en plus important. Le mouvement syndical doit jouer un rôle de premier plan en matière d’assurance médicaments, à l’instar de ce que nous avons fait pour la bonification du Régime de rentes du Québec », a déclaré le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

L’urgentologue, professeur et auteur Alain Vadeboncoeur a, entre autres, présenté les interactions entre les médecins et l’industrie pharmaceutique. Les constats sont troublants : influence indue de l’industrie pharmaceutique sur les habitudes de prescription des médecins, place importante du marketing en santé, résultats d’études plus favorables lorsqu’elles sont financées par l’industrie, etc.

Selon Marc-André Gagnon, professeur adjoint à la School of Public Policy and Administration à l’Université Carleton, le régime hybride actuel n’est pas viable parce qu’il est incapable d’endiguer la hausse des coûts. « Un régime d’assurance médicaments à bar ouvert, c’est une catastrophe. Il faut comprendre que 80 % des nouveaux médicaments n’apportent aucun avantage thérapeutique par rapport aux médicaments existants », a-t-il souligné. Ainsi, il propose que le Québec se dote des capacités institutionnelles pour contenir les coûts des médicaments au lieu d’augmenter la contribution des patients et réduire la générosité des couvertures.

Durant un atelier sur les stratégies syndicales et l’action politique, plusieurs des participants et des participantes ont indiqué que l’augmentation des coûts du volet médicaments est de plus en plus difficile à supporter et qu’elle remet en question le maintien des couvertures. Pour plusieurs, le mouvement syndical doit se mobiliser rapidement pour revendiquer l’instauration d’un régime public et universel d’assurance médicaments. Pour ce faire, les stratégies à adopter doivent être à la hauteur des obstacles, notamment la puissance des lobbys pharmaceutiques.

Le dernier panel, animé par David Chartrand, coordonnateur québécois de l’AIMTA et responsable politique du dossier retraite et assurances à la FTQ, s’est penché sur les différentes stratégies adoptées pour favoriser la mise sur pied d’un régime public et universel d’assurance médicaments. Élisabeth Gibeau, analyste santé chez Union des consommateurs, a présenté la campagne que l’organisme mène depuis 2009 afin que le Québec se dote d’un régime public et universel d’assurance médicaments. La FTQ fait d’ailleurs partie des organisations appuyant cette campagne. L’attachée politique du député Amir Khadir, Nika Deslauriers, a brossé le portrait des différentes actions de Québec Solidaire dans le dossier, dont le projet de Pharma Québec. Le coordonnateur de la Coalition solidarité santé, Jacques Benoît, a mis en évidence les liens qui existent entre l’austérité gouvernementale et l’instauration d’un régime public et universel d’assurance médicaments. La nouvelle campagne de l’organisme, Le remède aux coupures [remedeauxcoupures.cssante.com] vise simultanément à mettre un frein aux politiques d’austérité et à améliorer nos services publics grâce à un régime public et universel d’assurance médicaments.

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Responsables

Marie-Josée Naud et Colin L’Ériger